Mercredi 16 mai 2012
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18:48
C'est la saison où l'enquêteur répugne de plus en plus à en rajouter par des questions sur les concours à celles et ceux qui sont en train de les passer...
Continuant de fréquenter les lieux de repas des étudiantes et étudiants de classe préparatoire, il guette les signes sur les visages. Etonnamment, certains paraissent plus détendus que plus tôt
dans l'année. La période de révision permettrait-elle de mieux adapter ses horaires de sommeil à sa figure biologique ? En somme, pendant l'année tout le monde doit être alouette et là, on peut
être soit chouette, soit alouette...
Mais qui peut dire chez qui le stress est maximum ? Il n'est pas forcément lié à l'évaluation de ses chances de réussite. Il peut être lié à la nécessité de réussir parce que d'autres, dans la
famille, ont déjà eu le mérite de réussir !...
Enquêteur aussi auprès des cadets déshérités
Par inegalchances
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Jeudi 10 mai 2012
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13:26
La page des mécanismes identifiés lors de l'année 2010 suggère le rôle que peut jouer le fait d'avoir, parmi ses proches, quelqu'un qui a déjà réussi un concours aux grandes écoles, voire
quelqu'un qui y a inéluctablement échoué. A l'époque, une suggestion de genre était faite pour ces figures qui ne se confirme pas. On peut donc récapituler : avoir dans ses proches une figure de
réussite semble un facteur favorable par l'encouragement. Avantage auquel on pouvait s'attendre est conféré alors aux familles où l'on brigue, de génération en génération, ce genre de concours.
Et quand le prédécesseur, homme ou femme, est une denrée rare dans sa famille. Il se peut que le succès, dans cette position de rareté, prenne une valeur encore plus importante. L'avantage
conféré serait alors comparable au phénomène de sur-sélection que certains chercheurs de sociologie de l'éducation ont déjà mis en évidence au sein des publics populaires.
Le problème est quand, dans un contexte de rareté de gens préparant les concours, il n'y a eu qu'échec, là, pour le coup, il y a défaut lourd de chance !
Enquêteur accusant le coup
Par inegalchances
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Vendredi 27 avril 2012
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17:31
la publication de la page des mécanismes hypothétiquement générateurs d'inégalité de chance relevés en 2011 m'a fait revisiter ceux qui ont été suspectés depuis 2007...
Ainsi, je suis revenu sur la "procrastination affichée", cette façon de se faire apparaître comme une personne qui ne travaille pas beaucoup et pourtant suit le parcours de prépa jusqu'aux
concours.
Il est tentant de prendre des expressions entendues comme "la prépa, c'est cool" en indicateur de ce type d'attitude, alors qu'en réalité elles peuvent traduire des formes différentes
d'engagement dans les études, égales en intensité mais moins sous-tendues par la pure obligation dans certains cas...
Par ailleurs, suis-je bien le seul à suspecter le fêtard impénitent de miner le moral (et donc les chances, sinon de réussir au concours, du moins de se relever en cas d'échec au concours) de
ceux (plus souvent celles) qui la voient (surtout l'entendent) affichée par les autres ? Lorsqu'il est rapporté que, vers la fin décembre par exemple, certains professeurs se croient obligés de
dire aux classes entières que tout le monde souffre en prépa, c'est peut-être bien dans le but, plus ou moins conscient, de contrarier ce mécanisme que certains diraient pervers...
L'enquêteur qui n'oserait prétendre qu'enquêter sur un tel sujet est de tout repos...
Par inegalchances
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Jeudi 5 avril 2012
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11:00
En croisant des souvenirs personnels et des échos de vécu actuel d'études préparatoires, je pressens que tenir à des principes et chercher coûte que coûte l'accord entre eux et les décisions
qu'on prend peut compliquer un parcours prépa-concours-grande école. Début d'énumération des principes coûteux : c'est ceux qui travaillent le plus qui doivent être le mieux récompensés ; si on a
fait ses études à un endroit, on doit continuer d'y travailler ; étudier ne doit pas empêcher de compatir aux malheurs d'autrui ; le développement personnel suppose d'autres activités que les
activités purement intellectuelles...
Dans certains cas, ces principes découlent direcment des valeurs transmises dans le cadre d'une culture familiale. Cela suggère alors une nouvelle forme du mécanisme d'inégalité de chance lié à
la filiation et à la parenté. Mais on sait bien que l'évolution personnelle, notamment à cette étape clé qu'on nomme l'adolescence, fait parfois rejeter bien des héritages. Le rejet de principes
rigoureux rendrait-il alors particulièrement apte à l'opportunisme que paraît requérir le succès aux concours et, plus encore, l'acceptation de tout ce qui s'ensuit ?
Une nouvelle fois, l'inégalité de chance paraît d'abord une évidence puis se masque sous des jeux de contre-effet possible...
enquêteur essayant d'être aussi contre-enquêteur
Par inegalchances
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Mercredi 28 mars 2012
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13:32
Une partie des quotidiens du jour commente la récente proposition de l'un des candidats à la prochaine élection présidentielle de réserver des places en classe préparatoire pour 4% à 6% des
"meilleurs" élèves de tout lycée de France (et de Navarre ?). Intéressant d'en discuter avec d'actuels étudiants et étudiantes de prépa dont certains disent bien que dans leur ancien lycée, on
leur a laissé entendre que leur place pouvait être en prépa tandis que d'autres ont dû trouver cette voie indépendamment de toute indication du milieu scolaire ou du milieu familial. La première
objection qui vient est : "pour aller en prépa, il faut être motivé !" Disant cela, on se met en lien avec l'une des hypothèses d'amont des inégalités de chance à l'école : d'un milieu familial à
l'autre, d'un genre à l'autre, peut-être d'une territorialité à l'autre, on ne construit pas la même signification à poursuivre tel ou tel type d'études supérieures, voire on ne s'y accorde pas
les mêmes chances de réussite et donc parfois on se refuse à soi-même de s'y inscrire. Il est plus difficile d'aborder, en cours de vécu -exténuant ?- de prépa, la façade aval du jeu d'hypothèses
: une fois en prépa, selon son milieu familial, son genre, peut-être sa territorialité, on ne résiste peut-être pas avec les même ressources aux difficultés qui se présentent. Suffit-il donc que
tout le monde puisse y être admis pour établir une prétendue égalité des chances ?
Enquêteur non candidat
Par inegalchances
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